Le gouvernement de la RDC a annoncé une batterie de mesures pour faire face à la décision de l’Union européenne d’envisager, dès l’année prochaine, le retrait du cacao et du café de la République démocratique du Congo (RDC) de son marché, en raison du règlement « zéro déforestation.

« Quand l’Union européenne veut certifier le café ou le cacao, elle envoie des auditeurs pour venir vérifier. J’ai clairement indiqué que les derniers auditeurs sont passés en juin et juillet 2024, et le rapport de certification est sorti en août. C’est un rapport qui a une validité d’une année, ce qui signifie que c’est en août 2025 que l’on devrait normalement revenir en RDC pour voir s’il y a eu d’autres évolutions. Cette mesure ne doit pas se justifier, parce qu’il n’y a pas de cacao ou de café planté en 2024 qui va produire en 2024. Le café et le cacao nécessitent trois ans pour commencer la production. Donc, si on a certifié le café et le cacao en 2024, on ne peut pas dire que ces produits subiront la rigueur du règlement, étant donné qu’il faut attendre trois ans pour vérifier leur conformité avec les règles de déforestation. C’est une confusion », a dénoncé Julien Paluku Kahongya, ministre du Commerce extérieur.

Les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri regorgent de café et de cacao, malheureusement ces produits sont à 80 % exporté frauduleusement vers les pays voisins notamment le Rwanda et l’Ouganda, ce qui défavorise l’économie congolaise. La situation compliquée dans le monde des affaires en RDC a été présentée comme la cause majeure de cette fuite de ressources agricoles.
Cette mesure de l’UE entrera en vigueur en décembre 2025 a garanti le ministre congolais du commerce extérieur. Julien Paluku a cependant promis de trouver une solution avec l’UE pendant cette période moratoire.
Ces mesures sont :
- Renforcement du dialogue avec l’Union européenne via une tripartite impliquant l’UE, la Monusco et le gouvernement.
- Renforcement des institutions nationales comme l’ANAPEX, l’ONAPAC et l’OCC pour établir une certification nationale.
- Délimitation des zones agricoles, forestières et urbanistiques, afin d’éviter toute confusion entre terres cultivables et espaces de conservation.
- Soutien à l’initiative du « Couloir vert Kivu-Kinshasa », reliant le Nord-Kivu et l’Ituri, principaux producteurs de cacao.
- Création d’un guichet unique pour la certification de tous les produits agricoles destinés à l’exportation.
- Dialogue avec les certificateurs internationaux comme FLOCERT et AFRICERT pour résoudre les obstacles liés à la certification.
- Accélération de la mise en place du « Kinshasa Mercantile Exchange » (KME)
- Promotion des zones économiques spéciales pour encourager la transformation locale des ressources
- Diversification des marchés internationaux, en explorant les opportunités offertes par l’AGOA pour les États-Unis et les pays asiatiques, qui concentrent une grande partie des consommateurs mondiaux.
- Renforcement de la collaboration avec l’Union européenne, partenaire privilégié, pour établir des mécanismes de diligence raisonnée concernant les processus de production, transformation et commercialisation.
