Près de 8 milliards de dollars échappent chaque année au Trésor public congolais en raison de pratiques de sous-traitance illégales et non transparentes. L’annonce a été faite par Miguel KATEMB KASHAL, directeur général de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP) après son audience avec le Président de la République fin juillet, dans le cadre de la mission de contrôle du respect des règles de la sous-traitance dans les entreprises principales et sous-traitantes menée à Kinshasa.

« Aujourd’hui, l’Etat congolais veut que les règles de sous-traitance soient respectées pour développer l’économie de notre nation. Il y’a plus au moins 8 milliards de dollars dans la sous-traitance qui échappaient au pays. Cette époque est révolue. Cet argent doit rester au pays pour contribuer au budget nation et aider à réduire la pauvreté », a déclaré Miguel KATEMB.

Cependant, selon une étude réalisée par une ONG congolaise spécialisée dans la lutte contre la corruption, la sous-traitance non transparente dans les secteurs miniers, pétroliers et autres, représente près de 20% du PIB du pays. Les grandes entreprises internationales qui opèrent en RDC sont souvent pointées du doigt, accusées de tirer profit de la corruption systémique qui entoure ces activités économiques.
Le contrôle de conformité a permis d’obtenir l’adhésion, aux règles fixées par l’ARSP, entre autres des sociétés de télécommunication et des entreprises brassicoles qui pensent ne pas être concernées par cette réglementation dont la campagne va s’étendre dans d’autres provinces notamment le Haut-Uélé, le Grand-Katanga et le Sud-Kivu.

Des réformes ont été mises en place pour renforcer la transparence dans les secteurs clés de l’économie. Des lois ont été adoptées pour favoriser la bonne gouvernance et la traçabilité des flux financiers. Cependant, malgré ces efforts, la sous-traitance illégale persiste. Les réseaux de corruption sont profondément ancrés dans les pratiques économiques du pays et sont alimentés par un manque de contrôle et de sanctions.
