Le gouvernement congolais n’a pas raté sa première sortie sur les marchés internationaux. Les investisseurs ont sursouscrit trois à quatre fois les deux tranches proposées. Alors que Kinshasa tablait sur 600 millions de dollars pour son titre à cinq ans avec un rendement de 8,75 %, et 650 millions de dollars pour celui à dix ans à 9,50 % d’intérêts, les offres ont atteint, respectivement, plus de 2 milliards et 2,8 milliards de dollars.
La RDC a ainsi levé au total 1,25 milliard de dollars, une fois déduits les intérêts des banques arrangeuses. Cet Eurobond permettra de financer par les fonds mobilisés via l’Eurobond (1, milliards $), dans les secteurs de l’infrastructure, de l’énergie et de l’éducation.
En effet, le ministre des Finances de la RDC, Doudou Fwamba, a présenté les projets prioritaires à financer, dans un contexte de besoins urgents pour soutenir le développement économique et social. Près de la moitié des projets concernent la capitale de la RDC, avec notamment la construction d’un nouveau terminal de 49 000 m² à l’aéroport de Kinshasa, capable d’accueillir 5 millions de passagers par an.
Le but est d’accompagner la croissance du trafic aérien et d’améliorer les infrastructures aéroportuaires du pays. La livraison prévue entre décembre 2027 et début 2028.

Autres projets majeurs, quelque 300 kilomètres de routes sont également prévus, ainsi qu’une rocade de 31 kilomètres avec échangeurs et ponts.
Les autres investissements visent le développement d’un réseau de lignes de transmission électrique de 330 KV permettant une connexion entre la Zambie et la « ceinture de cuivre » de la RDC, une centrale hydroélectrique de 64 mégawatts et des réseaux de distribution dans la province du Kasaï-Central.
S’y ajoutent la création de centres de formation professionnelle dans quatre villes et la modernisation de la route entre Kisangani (province de la Tshopo) et Beni (province du Nord-Kivu), longue de 750 kilomètres.
Des projets pour lesquels la société civile réclame davantage de transparence. Le ministre des Finances, Doudou Fwamba, répond : « Nous voulons un témoin, le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), pour assurer le suivi de la gestion de ces ressources. Nous allons, pour la transparence, informer la population sur l’affectation du 1,25 milliard mobilisé. D’ici un an, nous inviterons les investisseurs à constater concrètement les réalisations. »
Ces projets ont été sélectionnés avec l’appui notamment du Fonds monétaire international (FMI), partenaire stratégique de la RDC depuis 7 ans.
« Tous ces projets sont rentables. Nous avons sélectionné les projets en fonction de leur rentabilité. Nous voulons que ces projets puissent générer des revenus. On parle ici d’une centrale hydroélectrique qui va fournir de l’électricité à 25 millions de Congolais [un quart de la population, NDLR], d’un aéroport qui va quintupler sa capacité d’accueil », ajoute le ministre Fwamba.
L’opération intervient dans un contexte de retour des pays du continent sur les marchés internationaux. La Côte d’Ivoire, le Bénin, le Cameroun ont émis des eurobonds depuis le début de l’année. Si, en termes de montants, la RDC se place en deuxième position derrière Abidjan, qui a récolté 1,3 milliard de dollars, le pays d’Afrique centrale affiche les taux d’intérêt les plus élevés. Signe que, pour sa première sortie, le pays a encore besoin de faire ses preuves auprès des investisseurs, intéressés mais non sans crainte quant à l’avenir politique et financier à moyen et long terme.
