Abidjan a abrité les travaux du forum ministériel sur les minéraux critiques, les chaînes de valeur et la valorisation : voies de transformation pour l’Afrique. Ces assises étaient organisées sous l’égide du groupe de la Banque Africaine de développement, en concertation avec les gouvernements africains et la Commission de l’Union Africaine.
L’Afrique détient environ 30 % des réserves mondiales des minéraux les plus critiques : cobalt, lithium, graphite, terres rares, métaux du groupe du platine, cuivre, manganèse et nickel. Les ressources minérales du continent sont estimées à environ 29,5 billions de dollars américains (soit 819 % du PIB de l’Afrique, ou environ 8,2 fois son PIB annuel) en valeur au site minier, ce qui représente près de 20 % du total mondial.
Parmi ces ressources, environ 8,6 billions de dollars américains (239 % du PIB de l’Afrique) restent encore non exploitées et les projections de demande de minéraux critiques dans le monde sont sans équivoque : d’ici à 2040, la demande en métaux du groupe du platine devrait augmenter de plus de 1 000 %, celle du lithium de 842 % et celle du cuivre de 88 % par rapport au niveau de 2023. L’ampleur et la rapidité de cette croissance annoncent une réorganisation industrielle sans précédent. À elle seule, la chaîne de valeur des véhicules électriques et des batteries devrait passer de 7 000 milliards de dollars en 2030 à 59 000 milliards de dollars en 2050.

Au cours des travaux, la délégation a présenté la vision de la RDC consistant à faire du secteur minier un moteur d’industrialisation, de création d’emplois et de développement durable. Elle a réaffirmé que la République Démocratique du Congo ne veut plus être seulement un pays d’extraction, mais également un pays de transformation, de certification, d’innovation et de création de valeur ajoutée.
Par ailleurs, la RDC a plaidé pour le renforcement de la connaissance géologique du continent, de la gouvernance, de la traçabilité et des investissements dans les infrastructures stratégiques, rappelant qu’« un pays qui ne connaît pas son sous-sol négocie son avenir les yeux fermés ».

Le Forum marquera une étape déterminante dans la mise en œuvre de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD), adoptée dans le cadre du Consensus d’Abidjan en avril 2026, en mobilisant des financements mixtes, des mécanismes de garantie et des capitaux institutionnels afin de combler le déficit d’investissement dans le secteur des minéraux critiques en Afrique.
