La Banque Africaine de Développement a un nouveau président, le mauritanien, Sidi Ould Tah, a été élu avec 76,18 % des voix au troisième tour du scrutin, jeudi 29 mai. Il devance le Zambien Samuel Munzele Maimbo, qui a recueilli 20,26 %. Le Sénégalais Amadou Hott, lui, arrive troisième avec 3,55 % des voix, à l’issue de trois tours de scrutin.
Quelques minutes après la proclamation des résultats, Sidi Ould Tah a prononcé un bref discours devant l’assemblée. « J’aimerais remercier l’Afrique pour la confiance qu’elle vient de m’accorder. Je vous remercie pour cet honneur dont je mesure la responsabilité et le devoir qui l’accompagne », a-t-il déclaré avant de conclure en anglais : « Now, it’s time to go to work. I’m ready », (« Maintenant, au travail. Je suis prêt »).
Ce polyglotte, à la fois francophone, anglophone et arabophone, entend agir selon quatre axes. D’abord innover dans les financements pour lever plus de capitaux au service du développement. Avec environ dix milliards de dollars d’engagements chaque année, la Banque est encore très loin de pouvoir répondre aux besoins des États en matière de financement. « Un euro dépensé par la BAD doit pouvoir en mobiliser dix », insiste-t-il. Sidi Ould Tah plaide pour cela pour une meilleure la coordination avec les autres institutions financières africaines, un point faible jusqu’à présent de la banque selon lui.

Vite la transition, place aux réformes
Le nouveau président de l’institution va être immédiatement confronté à un environnement économique international chamboulé, notamment par les annonces de l’administration Trump. Outre les droits de douane, certaines décisions affectent directement la BAD, puisque les Etats-Unis veulent supprimer leur contribution d’un demi-milliard de dollars au fonds de la banque, destiné aux pays à faibles revenus du continent.
A la tête de ce prestigieux poste d’une institution qui s’est imposée au niveau international, M. Tah devrait mettre à profit ses dix années à la tête d’une autre institution multilatérale, la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (Badea).

Sidi Ould Tah prendra officiellement ses fonctions à la tête de Banque africaine de développement le 1er septembre, son équipe resserrée a intégré intégrée la Banque ce 30 mai pour amorcer la transition. Après 10 ans à la tête de l’institution, Akinwumi Adesina tire donc sa révérence. Même si le bilan du Nigérian est mitigé, il laisse une institution en excellente santé financière, qui a dégagé un résultat net de 310 millions d’euros l’an passé.

